
Dans l’univers créatif de Zhor Jaidi
Loin des sentiers battus, Zhor Jaidi, parmi les précurseurs du design d’intérieur au Maroc, nous emmène dans son univers créatif, empreint de sensibilité et d’attachement aux valeurs et coutumes du Maroc.
Son enfance…
Chez Zhor Jaidi, avoir grandie auprès d’une maman très manuelle n’est pas pour rien dans le choix du métier d’archi- tecte d’intérieur. L’initiation à l’art de la table et la décoration, très important dans le cocon familial, est sa première école. Native de Rabat, mais ayant vécu à Casa- blanca, la designer grandit dans une fa- mille où l’art de vivre, les voyages, les mu- sées, la table, la nature, l’art floral prennent toute leur importance. Mais c’est aussi la nature profonde et la sensibilité de Zhor Jaidi qui contribuera à l’orienter vers ce métier, avec une sensibilité qui va s’expri- mer à travers les cinq sens
SON PARCOURS…
Le baccalauréat scientifique en poche, Zhor Jaidi hésite entre des études phar- maceutiques ou artistiques. Elle s’inscrit finalement aux Beaux-Arts de Paris, à l’Ecole Supérieure des Arts Modernes, où elle obtient ses deux diplômes d’archi- tecte d’intérieur et de maquettiste. Trois années passées ensuite aux Etats-Unis l’éloignent un temps de son métier, mais sont sources d’inspiration et révèlent au grand jour un sens du détail peu com- mun, qui deviendra sa signature
SON STYLE…
Dans toutes ses créations, c’est le sens du détail qui détermine le style de Zhor Jaidi. Pour combler l’absence sur le mar- ché marocain de certains produits, et étant jeune maman, elle crée une pre- mière ligne de linge de maison et de pué- riculture. Dans des étoffes de lin et de co- ton, ajourés de petites broderie fines de sa propre création, elle innove avec une collection complète composée de pièces inédites, draps de lit de bébé, draps de valise, pochettes de linge de corps, de chemisier précieux, tout en faisant perdu- rer nos savoir-faire artisanaux.
PREMIERES INSPIRATIONS…
Avant d’ouvrir son propre cabinet, Zhor Jaidi s’essaye à une première collection de mobilier, qui l’amène à consulter plu- sieurs corps de métiers, dinanderie, zel- lige, menuiserie, vitrail, plâtre. Un succès, qui présage la belle carrière à venir. Mais, en 1988, une expatriation de son époux à Singapour l’éloigne à nouveau du Ma- roc. Zhor Jaidi repart toutefois avec deux commandes d’aménagement d’inté- rieur que la designer réalisera à distance. De retour au Maroc, et déjà maman de trois enfants, dont des jumeaux, elle crée son agence Klarté, avec un grand K, pour signifier que l’architecture d’inté- rieur fait partie intégrante de l’architecture. En 2021, Zhor Jaidi y installe, au rez de chaussée, le showroom de la marque ita- lienne Giorgetti.
SA VISION…
Joindre l’utile à l’agréable est sans doute la ligne créative de Zhor Jaidi. Un objet doit d’abord être utile et fonctionnel .Elle aime d’ailleurs donner une seconde vie à un objet devenu obsolète, transformer un drap de bébé en nappe, ou une «mida» revisitée pour pouvoir être réutilisée en table vitrine.
Après l’utilité et l’esthétique, vient le choix des matériaux et la mise en valeur de nos savoir-faire ancestraux, revisités dans une approche plus contemporaine. Le zellige est d’ailleurs l’un des terrains de créativité favoris de Zhor Jaidi, qui aime à les assembler à sa manière, de façon dis- symétrique, les détourner, différemment des géométries classiques, pour que le zellige continue d’attirer le regard, mais dans l’épure et la simplicité.
SON UNIVERS CREATIF…
Mobilier, linge de maison, céramique,l’univers créatif de Zhor Jaidi se construit au fil du temps au gré de ses voyages, ses inspirations et son amour de la préci- sion. Lors d’une formation en géobiologie à l’étranger, elle découvre le monde des plantes naturelles et constitue son her- bier, qui va lui inspirer les motifs d’une collection de vaisselle en porcelaine. Sa ligne de mobilier également, veut remettre à jour le patrimoine traditionnel marocain, comme cette «mida» rebapti- sée «écrin à offrande».
SES MEILLEURES REALISATIONS…
Au cours de sa carrière, Zhor Jaidi a été sollicitée pour des réhabilitations de grandes entreprises telles que L’Oréal, Lafarge, l’emblématique Sphinx de Mohammedia, mais elle garde surtout le souvenir de l’aéroport de Rabat Salé, dont elle a été l’architecte conceptrice. Devenu exigu, le bâtiment est agrandi et refait à neuf, en prenant comme parti architectu- ral la représentation de l’histoire de Rabat- Salé et celle du Maroc. Pour lui donner une seconde vie, la designer va introduire pour la première fois au Maroc le Ductal, un béton fibré à très haute performance.
Source : https://www.decoactuelle.ma/


